Stop à la planification fiscale !

Stop à la planification fiscale !  - Samuel Thériault

La planification fiscale consiste à optimiser les investissements et le patrimoine des entreprises ou des particuliers afin de bénéficier de tous les abris fiscaux possibles par notre législation. Cette pratique est, de plus en plus utilisée par les contribuables et pas seulement les plus fortunés pour se dérober de l'impôt et diminuer la charge fiscale qui pèse sur eux.

Je suis pour ma part horrifié, de voir à quel point nos politiques depuis tant d'années encouragent une telle pratique en multipliant les abattements d'impôt, exonérations de charge et autres niches fiscales toutes aussi farfelues les unes que les autres avec des objectifs souvent louables, mais malheureusement des effets dramatiques sur les rentrées fiscales et un impact loin d'être positif sur l'emploi et la croissance, thème sans cesse ressassé par nos dirigeants mais dont les classes populaires ne voient pas le résultat. Cette pratique fait la richesse des cabinets comptables parisiens et des établissements financiers implantés dans les paradis fiscaux, souvent au cœur même de notre continent, comme le Luxembourg, le Lichtenstein, la Suisse ou encore Monaco, mais elle appauvrit les caisses publiques et met en péril notre modèle de société d'État providence. Les spécialistes de la fiscalité qui vantent leur travail d'optimisation fiscale ne sont selon moi que des complices d'une fraude à grande échelle coupable du creusement de la dette de nos états. Les classes moins favorisées et qui pourtant sont contribuables ne peuvent pas se permettre ces tours de passe-passe pour éluder l'impôt et contribuent donc proportionnellement plus que les classes aisées.

Je souhaiterais qu'enfin dans ce pays, on arrête de faire des fleurs aux plus riches qui n'en ont vraiment pas besoin et que l'on mette en place une fiscalité responsable, juste et solidaire qui sans racketter les foyers fortunés, permette de répartir équitablement la charge fiscale sur toutes les classes de la société en fonction de leur revenu et de leur patrimoine. Il ne s'agit bien sûr pas d'en finir avec les niches fiscales qui peuvent avoir un intérêt pour la société en réorientant les investissements vers des causes ou des zones géographiques peu ou pas attractives sans ce coup de pouce, mais bien au contraire d'apporter une plus grande lisibilité à notre système fiscal afin d'en finir avec ce grand filet inversé à travers lequel les gros poissons arrivent à se faufiler alors que les petits poissons restent pris au piège et doivent payer sans broncher.