Les chutes du Niagara

Les chutes du Niagara - Samuel Thériault

Des amis français sont venus passer quelques jours chez nous le mois dernier. Nous les avions rencontrés à Paris l’année dernière, et très satisfaits de leur accueil, nous avons voulu leur rendre la pareille en les invitant ici à Montréal. C’était la première fois qu’ils venaient au Canada, et ma femme, a décidé que nous les emmènerions voir les chutes du Niagara.

Quand ma femme a eu son diplôme de médecine esthétique, il y a quelques années, nous avions voulu fêter sa réussite en visitant cet endroit. Le paysage nous avait alors tellement subjugués, que nous y retournons pratiquement chaque année. Comme nous prévoyions de donner des frissons à nos hôtes, nous avons prévu un survol en hélicoptère du panorama. Nous-même, n’avons jamais fait cette expérience, et ce serait un baptême pour nous quatre.

Le lendemain, nous sommes partis pour "Niagara Falls". Déception de nos amis français, qui croyaient que le site était en pleine nature, ils ne l’avaient pas imaginé entouré d’une ville. Mais les abords parfaitement aménagés, donnaient une vue extraordinaire sur les cascades. Nos amis étaient pétrifiés devant ce spectacle. Je comprenais parfaitement leur réaction, l’ayant subi moi-même, la première fois que je suis venu ici. Autre déception, quand nous avons appris que les hélicoptères étaient cloués au sol à cause du vent. Il ne nous restait plus que la visite en bateau.

Avant l’embarquement, on a fourni un imperméable tout le monde, nous comprendrions l’utilité de cet accessoire très vite. Nous nous sommes tous retrouvés en rouge, agglutinés contre le bastingage. Notre bateau est parti, passant devant les chutes américaines. Nous avions les yeux rivés sur les chutes canadiennes, que l’on voyait pour l’instant au loin. Au fur et à mesure que nous nous en approchions, le vacarme grandissait, et le bateau commençait à tanguer. Bientôt, les moteurs se mirent à vrombir pour combattre le courant contraire, et toute la structure du bâtiment se mit à vibrer. Puis, arriva l’instant où nous côtoyâmes les chutes, à seulement quelques dizaines de mètres, et c’est là que les imperméables furent utiles. Nous subissions une véritable douche d’embruns. Nous avons hésité à sortir nos appareils photo, car l’humidité ambiante était à son paroxysme, un véritable déluge s’abattait sur nous. Hélas, la rencontre avec ces majestueux murs d’eau fut de courte durée, le bateau fit demi-tour, et fila vers l’embarcadère.

La journée s’est vite passée dans la contemplation, sous toutes les vues de ce chef-d'œuvre de la nature. Le retour dans la soirée se passa dans un silence quasi-religieux, nos amis français assimilaient doucement les moments passés inoubliables, tout comme ma femme et moi, l’avions fait la première fois que nous sommes venus ici. Nous étions très satisfaits d’avoir pu communiquer cet enchantement à nos invités.

Nous projetions de revenir bientôt, nous avons quand même été privés de notre tour d’hélicoptère !