Le rendez-vous chez le dentiste

Le rendez-vous chez le dentiste - Samuel Thériault

J’éprouve une peur bleue pour les dentistes. Quand j’étais petit, j’étais friand de sucreries. Mon premier rendez-vous chez le dentiste a eu lieu quand j’avais sept ans. Et je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais une carie dans une de mes molaires. Je crois que ça me faisait mal depuis un bon bout de temps, mais je n’osais pas le dire à ma mère. En fait, elle m’a déjà prévenu avec les friandises et les sucreries, que je ne devais pas en abuser, car j’aurais mal aux dents, et aller chez le dentiste n’est pas chose facile. C’est quand je n’en pouvais plus que je le lui ai dit. J’avais peur qu’elle me faire des reproches, mais il n’en était rien. J’ai plutôt vu sur son visage qu’elle était compatissante et plutôt inquiète. Elle a essayé de me rassurer : « Ne t’inquiète pas mon petit chéri, nous irons chez le dentiste demain et ça va aller ! » Elle m’a donné des pilules. Quand la douleur s’est un peu apaisée, j’ai pu me rendormir, ma mère à mes côtés pour me donner des câlins. Le lendemain fut le fameux rendez-vous. Il y avait déjà quelques personnes dans la salle d’attente. Selon mes souvenirs, ça aurait été une salle austère et sombre, si les lumières n’avaient pas été allumées. Pas comme celle où je me trouve aujourd’hui, une clinique dentaire avec de grandes porte et fenetre Deux-Montagnes. Donc, je m’étais assis avec ma mère. Le silence qui y régnait était lourd et impressionnant. Malgré ma peur d’affronter le dentiste, je voulais vite que ça soit mon tour. Quand nous étions finalement entrés, rien que la vue du monsieur avec sa blouse blanche et son masque au visage, m’effrayaient. Mais j’étais au bord de l’évanouissement quand j’ai vu tous ces outils métalliques qui me semblaient glacials. Lorsque le monsieur m’a dit de m’asseoir sur le fauteuil, j’ai regardé ma mère, le visage tremblant de peur. Celle-ci m’a encouragé du regard et je m’y suis assis quand même. Il a allumé la machine qui faisait un « brrrrr » bruyant et là, je m’angoissais. C’est quand il a voulu approcher un de ses outils de ma bouche que je me suis levé et ai voulu m’enfuir de la salle, en larmes. Il a fallu ensuite que ma mère me tienne pour finir mon pansement. Je crois que les patients derrière moi s’impatientaient. Depuis, j’ai fait attention à mes dents… Jusqu’à aujourd’hui. Comment vais-je réagir ?